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UN MONUMENT D'UNE ARCHITECTURE REMARQUABLE
Les survivances féodales
Le château, élevé sur un terre-plein quadrangulaire, entouré de fossés secs, est de plan carré (57 × 60 m), les quatre corps entourant une cour, avec quatre grosses tours de plan bastionné aux angles. C’est une version modernisée du château médiéval. Toutes les façades extérieures sont couronnées d’un mâchicoulis couvert sur consoles : outre ce chemin de ronde, les meurtrières et les canonnières des tours bastionnées assurent un flanquement efficace et complètent un appareil défensif, qui, au début du XVIIe siècle, relève plus de raisons de prestige et de décoration que de fortification…

Un exemple abouti de la Renaissance tardive
L’entrée primitive se situait sur l’aile Nord, où subsiste une partie d’un somptueux portail. Contrairement à l’habitude, le corps de logis principal n’était pas l’aile Sud (disparue), mais l’aile Est, mieux exposée, avec sa terrasse. Cette façade sur cour est d’une parfaite ordonnance et d’une harmonieuse régularité : elle présente cinq travées de croisées, prévues pour être surmontées de hautes lucarnes (elles viennent d’être restituées), alternant avec quatre travées de niches à cul-de-four en coquille. Rythme élégant des travées éclairées et aveugles…

L’ensemble est rythmé horizontalement par les deux registres que délimitent des entablements identiques, et par deux frises de rinceaux en volutes ; verticalement par des paires de pilastres cannelés, ioniques et corinthiens encadrant chaque croisée, et de pilastres plats (avec volutes, branchage, et vases de fleurs) encadrant chaque niche, sommée d’un fronton brisé (avec une acanthe en acrotère).

Un décor extérieur raffiné
Du portail Nord, véritable entrée triomphale, ne subsiste que la partie gauche : pilastres doriques cannelés, à bossages vermiculés, entablement classique, fronton présentant des trophées d’armes ; faisceaux, lances, épées, carquois… La porte du logis en plein cintre aux écoinçons sculptées de Renommées présentait autrefois le blason des Verrières (aujourd’hui celui des de Chanteau). Six statues en pierre de Savonnières meublent les niches (déesses de la mythologie classique, au premier niveau ; allégories religieuses au deuxième niveau, rapportées au XIXe siècle. Les façades extérieures présentent des bossages vermiculés en pierre grise de Taillancourt, décorant les angles des tours et formant des chaînages harpés de bas en haut (défigurés par les modifications de la façade Est sur terrasse).

Les quatre-vingt-six consoles subsistantes sur lesquelles repose le mâchicoulis sont remarquablement décorées : feuillages et surtout mascarons fantastiques (têtes d’“indiens”, têtes de feuille), ce sont les grimaces de Montbras, curieuse galerie baroque. Des cartouches avec trophées ornent aussi le mâchicoulis.



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